Etapes - Poésies du Docteur Paul Goy

LA PLUIE

Sous les fouets d'un Ponent, sans trêve et sans aveu,
La plante, à dépérir, parait être vouée ;
Mais la pluie magicienne, en un prompt désaveu,
Du Ponent infernal, maîtrise la ruée .

De la Terre et de l'Homme, elle accomplit les vœux ;
Et sa course qui naît aux confins des nuées,
Soudain, de la fournaise abolissant les feux,
A vu boire à longs traits la plante exténuée.

Source compatissante, incorruptible et sûre,
Egale dans son rythme et douce dans son chant,
De tout ce qui se meurt, en hâte s'approchant,

— Tel un baume efficace à même une blessure,
La pluie — sève innombrable — et manne qui rassure,
Va rendre l'allégresse à l'agonie des champs.

 


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