Etapes - Poésies du Docteur Paul Goy

LE JEUNE EUCALYPTUS

A l'heure où le soleil perce l'ombre et s'élève,
Je l'ai planté, gracile et baigné de parfums.
En lui, chante l'aurore !... Et ma course s'achève !
La sienne, aux temps nouveaux, dira mes jours défunts.

A ses jeunes espoirs, j'ai confié mes rêves,
Mes doutes, mes combats ; ... il apprit que les uns
Restent ceints de douleurs ; les autres pleins de sève ;
De tous, il sait la trame, et le nom de chacun.

Il sait que j'ai connu, dans un unique amour,
Clair comme le soleil, sans ombre et sans mensonges,
Les ferveurs de l'esprit, l'enchantement des songes ;

Et qu'en dépit de l'heure inclémente qui ronge
— Le rayonnant passé demeurant un secours, —
Le cœur se veut fidèle à lui-même... toujours.

LE RAYOL, automne 1954.

 


Copyrights © Philippe A. Goy - Tous droits réservés.